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Les femmes accusent un recul à l’Assemblée nationale

Les femmes accusent un recul à l’Assemblée nationale

10 Avril

De 41 en 2012, elles ne sont plus que 34. Les élections de lundi ont vu élire moins de femmes, ramenant leur présence aux proportions de 2007. Les élues occuperont 27 % des sièges, contre près de 33 % en 2012.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a élu 18 députées, soit autant qu’en 2012, mais la proportion de femmes élues au sein de la formation politique passe de 36 % à 26 %. Parmi elles, plusieurs politiciennes d’expérience, mais aussi de nouvelles venues à la feuille de route importante, comme Hélène David, élue dans Outremont.

De son côté, le Parti québécois (PQ) a fait élire 8 femmes sur 30 députés, contre 17 sur 54 en 2012. Il y a recul là aussi. Une seule nouvelle venue parmi elles, soit la pharmacienne Diane Lamarre. Des candidates vedettes comme Martine Desjardins ou Gyslaine Desrosiers ont perdu leur pari.

La Coalition avenir Québec (CAQ) fait légèrement mieux qu’en 2012, avec 6 femmes sur 19 députés, dont quatre nouvelles venues : Lise Lavallée, Sylvie d’Amours, Claire Samson et Chantal Soucy.

Québec solidaire (QS), avec trois députés, pourra compter sur deux femmes, dont Manon Massé, qui devient la première femme à représenter sa circonscription.

« Je suis frappée par le recul de la représentation des femmes, confie la professeure à l’Université d’Ottawa Manon Tremblay. Ça fait bien mentir cette idée voulant qu’à chaque élection, les femmes progressent. Ce n’est absolument pas le cas. »

« Ce n’est pas l’électorat qui discrimine les femmes, mais bien les machines de partis », selon Mme Tremblay. En effet, une fois candidates, les femmes ont autant de chances que les hommes d’être plébiscitées.

C’est pourquoi Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Femmes, politique et démocratie, en appelle de nouveau à une représentation équitable de candidates et de candidats obligatoire. « L’élection de lundi montre bien que, sans mesures contraignantes, nous n’arriverons pas à la parité naturellement avant, quoi, 100 ans encore ? », dit-elle.

Elle espère que des femmes seront tentées par la course à la chefferie du Parti québécois. « Sinon, je vois encore l’horizon s’éloigner », déplore-t-elle.

Conseil des ministres paritaire?

Le 8 mars, lors de la Journée des femmes, Philippe Couillard a refusé de s’engager à former un Conseil des ministres paritaire, comme avait réussi à le faire son prédécesseur, Jean Charest, en 2007. Il a plutôt indiqué qu’il viserait une « zone paritaire » où les femmes occuperaient de 40 à 60 % des postes de ministre.

La liste de libérales élues ayant déjà occupé des fonctions ministérielles compte Dominique Vien, Lise Thériault, Christine St-Pierre, Kathleen Weil, Marguerite Blais, Julie Boulet et Nicole Ménard.

D’autres, comme Stéphanie Vallée, Filomena Rotiroti, Francine Charbonneau, Lucie Charlebois ou Maryse Gaudreault, comptent désormais une feuille de route importante comme députée et pourraient aspirer à des fonctions plus importantes.

« M. Couillard peut compter sur plusieurs femmes d’expérience, il n’aura pas d’excuse de ne pas leur faire une place de choix au Conseil des ministres », constate la politicologue Manon Tremblay.

Amélie Daoust-Boisvert

Le Devoir, 9 avril 2014

http://m.ledevoir.com/politique/quebec/405007/les-femmes-accusent-un-recul-a-l-assemblee-nationale

 

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